Mondialisation Un modèle « anglo-américain » de l'organisation ?

Résumé : Si, avec la mondialisation, on se pose la question de savoir s'il s'agit d'une métaphore, alors, comme toute métaphore, il s'agit de savoir à quoi la notion se substitue. Ne serait-ce pas la remise en question de la souveraineté de l'Etat-nation, où territoire géographique et territoire institutionnel de la souveraineté sont confondus. Rappelons que la souveraineté s'exprime par l'expression d'une autorité au travers d'instruments formels de gouvernement et venant produire une régulation a priori et indiscutable. A ce moment-là, la mondialisation pourrait être considérée comme une version floue de la privatisation. De la souveraineté Cette crise de la souveraineté de l'Etat-nation est en effet une des caractéristiques du « moment libéral » 1 dont la déterritorialisation suscite, en réponse, quatre acceptions de la souveraineté, outre celle qui subsiste pour l'Etat-nation, deux économiques, une politique et une à la fois politique et territoriale au sens géographique du terme :-la CorporateGovernance constitue la forme codifiée de la souveraineté dans le cadre d'un territoire économique, celui de la grande entreprise, matérialisation d'une inter-régulation venant en quelque sorte confondre droit de propriété et souveraineté,-la « gouvernance des marchés » constitue une forme non codifiée de la souveraineté et donc plus émergente dans le cadre d'un autre territoire économique, celui des marchés financiers, matérialisation d'une autorégulation a posteriori,-la gouvernance comprise au sens large constitue la forme de la souveraineté dans le cadre d'un territoire politique « nouveau », celui de la supranationalité, c'est-à-dire celui d'institutions politiques telles que l'Union Européenne, la Banque Mondiale, l'OCDE qui bénéficient d'une délégation de souveraineté non contrôlée démocratiquement par les Etats (matérialisation d'une inter-régulation d'ordre politique),-mais aussi celle de l'infra-nationalité avec des « régions » qui ne correspondent d'ailleurs pas forcément à des régions administratives (le territoire « Seine – Nord », par exemple) lieu d'une autorégulation. La souveraineté inhérente aux « infra-territoires » peut être reliée à la notion de « localisme » pour ce qui est de son inscription géographique et à celle de clusterou d'écosystème d'affaires pour ce qui relève de sa dimension socio-économique, d'où l'importance accordée à la connectivité et au réseau ; la double dimension de l'ethnicité et de l'authenticité d'une part, de l'expertise et de la connectivité d'autre part, sont sans doute ce qui marque le plus la construction sociale et politique de l'« infra-territoire ». A une souveraineté partielle et partiale des grandes entreprises correspond une souveraineté des marchés qui s'ajoutent à une souveraineté des territoires politiques supra ou infra nationaux, puisqu'ils bénéficient également d'une délégation de souveraineté tout aussi peu contrôlée démocratiquement. Ces quatre « nouveaux » niveaux de souveraineté se situent en tension les uns par rapport aux autres, mais aussi en tension avec la souveraineté résiduelle de l'Etat-nation.
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Cours
Doctorat. Management interculturel, CESAG Dakar, Sénégal. 2017
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Contributeur : Yvon Pesqueux <>
Soumis le : mercredi 12 avril 2017 - 12:56:28
Dernière modification le : samedi 15 avril 2017 - 01:00:57

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Yvon Pesqueux. Mondialisation Un modèle « anglo-américain » de l'organisation ?. Doctorat. Management interculturel, CESAG Dakar, Sénégal. 2017. <cel-01506971>

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